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  • Christophe BICHON

Plantes sauvages comestibles : un potager qui ne demande aucun effort!

Le printemps approche


Avec les douces températures et les journées qui rallongent, la variété des plantes sauvages disponibles pour consommer comme légumes augmente. Et la rapidité avec laquelle on peut faire une récolte satisfaisante augmente tout autant!


Entre deux averses, j'ai récolté une belle quantité de pousses bien lavées par la pluie. Cela ne m'empêchera pas de tout laver à l'eau vinaigrée une nouvelle fois en cuisine pour me débarrasser d'éventuelles bestioles et microbes (les pucerons, notamment, commencent à réapparaître).


J'ai concentré ma récolte sur trois plantes: les orties, la carotte sauvage et le gaillet gratteron.

À cette saison, les pousses sont tendres. je peux prendre une assez grande quantité sans craindre d'avoir des tiges trop coriaces, trop fibreuses. Cela me demande quand même de les débiter finement en cuisine (pour éviter les "fils"). Les 500 g d'orties récoltées ont fini en soupe. Un vrai cocktail de vertus, de protéines et de sels minéraux (les bienfaits et apports des orties sont déjà très documentés).


Cuisinées en soupe, par contre, la chaleur de la cuisson détruit leur forte concentration en vitamine C.

Par contre, je les retrouve dans le gaillet gratteron que je prépare en pistou. Cette préparation ne demande aucune cuisson: je conserve donc à la fois les sels minéraux et les vitamines qui sont sensibles à la température. Le gaillet gratteron est très bon pour tout le système urinaire et est réputé pour détoxifier le foie.

Les fânes toutes fines des carottes ont rejoint un flan de légumes (oignon, carotte au curry), la verdure des feuilles ajoutant à la fois du goût et de la couleur.



Parce que nous nous sommes détournés des plantes sauvages depuis longtemps, à la faveur des légumes du potager, du marché, et remèdes de pharmacie, nous avons oublié à quel point elles sont riches en sels minéraux, vertus, vitamines...

Pourtant, contrairement aux plantes que l'on peut faire pousser dans un potager, elles sont parfaitement adaptées au terrain, peuvent pousser un peu partout malgré la concurrence des autres plantes.

C'est de la permaculture sans culture, une couverture du sol permanente, une succession de plantes logiques, une rotation parfaite, des associations de plantes idéales. Elles poussent où cela est parfait pour elle, dans ce "potager" qu'est la nature, il n'y a pas besoin de désherber, de pailler, de semer, de planter...

Tout est déjà là. Il y a juste à prélever, avec raison, avec parcimonie même, dans le respect des équilibres naturels. Surtout que leur concentration en bienfaits, en sels minéraux et vitamines est telle que les quantités nécessaires pour se nourrir sont moindres que les légumes qu'on va faire pousser au potager (et a fortiori ceux qu'on achète dans les rayons de supermarchés).

Chaque plante sauvage s'inscrit dans un écosystème plus large, sert de gîte et de couvert à de nombreux partenaires, des profondeurs du sol au sommet de ses fleurs. Ses partenaires couvrent tous les règnes du vivant. Laisser venir les plantes sauvages dans son jardin, les préserver dans les milieux qui nous entourent, c'est à la fois s'épargner beaucoup d'efforts, se donner la possibilité de se nourrir et de se soigner sainement. Mais, aussi, c'est un geste écologique fort: chaque plante sauvage que l'on laisse pousser, que l'on laisse poursuivre son cycle naturel, est un allié sûr dans les équilibres écologiques qui nous entourent.

Et si c'était déjà cela contribuer à préserver et enrichir la diversité naturelle dont on parle tant?

Quand on connaît ce qui nous entoure, l'ignorance recule, la compréhension avance et ce qui était hier qu'une mauvaise herbe devient un trésor!


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