Rechercher
  • Christophe BICHON

La potentille rampante, cette géniale « terrible mauvaise herbe »

La potentille rampante (quintefeuille) est souvent considérée comme un vrai cauchemar dans le potager et dans le jardin de manière générale. En effet, elle est vraiment une plante envahissante qu'on l'on va retrouver dans les terres compactées, argileuses, dans les allées où les endroits où l'on passe fréquemment. Sa capacité à résister à l'asphyxie du sol est incroyable et, en été, elle peut littéralement faire des tapis de son feuillage, de ses fleurettes jaunes et de ses longs stolons qui peuvent dépasser un mètre. Le jardinier qui a ça dans ses plates-bandes et ses planches potagères connait trop bien la difficulté à s'en débarrasser.

Tout comme le liseron, la potentille rampante a des racines profondes et quand on essaie de les extraire du sol, en laisser ne serait-ce qu'un petit bout sera suffisant pour qu'une nouvelle plante repousse. Elle fait partie de ces quelques plantes, comme le liseron, la patience crépue, le pissenlit qui peuvent traverser un épais paillage. On peut en venir à bout en surveillant le paillage régulièrement et en extrayant du paillage toutes les tiges qui sortent pour les remettre sur le paillage au fur et à mesure, mais il faut beaucoup de patience pour épuiser ses réserves et s'en débarrasser. Une fois n'est pas coutume (dans ma pratique tout comme dans mes préconisations, je ne retourne jamais le sol) mais si l'on veut vraiment cultiver tranquillement, on peut s'autoriser avant d'installer son massif, sa planche de culture, à travailler le sol pour extraire toutes ses racines noires, rougeâtres pour être tranquille pendant longtemps. Et, bonus, vous pourrez récupérer ses racines en les lavant bien et en les faisant sécher pour faire des décoctions astringentes qui soulageront les problèmes intestinaux notamment les diarrhées, gastro-entérite et les soucis urinaires comme les cystites. En externe, c'est un bon remède contre toutes les plaies ulcèreuses, les aphtes. Au-delà de l'aspect cauchemar pour le jardinier, cette plante a un intérêt méconnu au potager. Personnellement, cette plante est devenue suffisamment précieuse pour que, quand j'investis un nouveau jardin, je me réjouisse à sa vue et que je garde précieusement une zone de mon jardin ou la potentille pousse vigoureusement. Elle est devenue mon mode d'attache privilégié pour tout ce qui a besoin d'être tuteuré. Depuis des années  j'attache mes tomates, mes concombres, ...etc uniquement avec les liens fournis par ses longues tiges rampantes, auxquelles elle doit son nom, qui vont du vert au rouge sont d'une solidité incroyable. Autrefois, puisqu'elles apparaissaient à l'époque des moissons, elles servaient à attacher les gerbes de blé. Aussi solide que du raphia, elles durent toute la saison à l'extérieur sans se rompre (contrairement à mes autres essais avec du liseron des champs, du grand liseron, du trèfle à rouleau, du lierre, qui sont tous plus cassants ou risquent de se rompre avant la fin de la saison).


1 538 vues0 commentaire